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Équipe pro

La J-2 | Warmed Omari : « J’ai travaillé encore et encore, et ça a payé. »

14 jan 2022 14:30

À 21 ans, le défenseur central symbolise la jeunesse rennaise qui performe dans l'élite du football. Au club depuis qu’il a dix ans, Warmed Omari a dû s’accrocher pour se faire une place chez les pros. Rencontre.



Warmed, comment juges-tu cette spirale négative ?
Je ne pense pas qu’il y ait eu un excès de confiance. On a un groupe humble. On a peut-être fait moins d’efforts et ça a permis aux équipes de mieux nous appréhender et de nous mettre en difficulté. Notre équipe ne peut pas se contenter de donner un peu moins. On doit toujours faire le maximum. On va devoir redoubler d’efforts pour renouer avec la victoire. Je pense que l’on a les ressources pour se relever. On l’a montré en début de saison avec cette belle série pendant l’automne. On n’a pas l’habitude d’enchaîner les mauvais résultats mais on a le groupe qu’il faut pour se relancer. On va tout faire pour en tout cas.

Vous connaissez la recette…
Oui. Je suis convaincu que l’on va remonter la pente. On n’est pas non plus en état d’alerte. On est encore présent dans le haut de tableau, ça veut dire que l’on a des qualités. Il faut juste les montrer sur le terrain dorénavant. Il faut se concentrer sur notre travail. Il est toujours temps de se remettre dans le droit chemin.

Tu fais partie des découvertes du championnat. Comment vis-tu ta première saison avec les pros ?
On peut dire que je n’étais pas attendu. J’ai joué plus tôt que mon entourage et moi ne le pensions. J’ai essayé d’être le plus prêt possible. Ça a été un peu dur au début mais je pense que j’ai réussi à trouver mon rythme. J’ai intégré une équipe qui tournait bien, je me suis bien adapté. Il faut continuer comme ça.



Peux-tu nous rappeler ton parcours ?
Je suis né à Mayotte. Un an après ma naissance, j’ai habité à La Réunion pendant six ou sept ans avant de rejoindre la France. J’ai commencé le football à Grésille, â côté de Dijon. Ensuite, j’ai joué à Saint-Méen-le-Grand, en U10 et U11. Mes parents ont déménagé dans la région parce que l’on avait de la famille ici. Puis j’ai joué à la TA Rennes en U13 et U14. J’ai commencé en U15 au Stade Rennais.
 

« quand on est footballeur, il faut savoir être patient »


Alors que les cas de précocité dans le foot sont de plus en plus nombreux, l’impatience peut se révéler contre-productive. Ça ne semble pas avoir été ton cas.
Je ne suis pas très patient de base mais quand on est footballeur, il faut savoir l’être. Pour certains, ça prend un peu plus de temps. J’ai été dans ce cas. Des joueurs de ma génération ont fait leurs débuts plus tôt mais j’ai appris à être patient. J’ai travaillé encore et encore, et ça a payé. J’ai aussi eu de bons éducateurs qui m’ont permis de rester sur le droit chemin et d’être armé pour le monde professionnel. J’ai aussi un très bon entourage, que ce soit la famille ou les amis. Ce sont des personnes qui m’ont permis de me concentrer sur le football et de devenir un homme. Avoir un bon entourage, c’est essentiel.

As-tu ressenti de l’appréhension avant de jouer en L1 ?
Avant de faire nos débuts, il y a toujours une petite pression. On se dit qu’il ne va pas falloir louper la première. C’est celle que l’on regarde le plus. Mais ce n’est que du positif, on joue dans le monde pro, on est là pour montrer nos qualités. Même s’il y a eu la défaite au bout du compte pour mon premier gros temps de jeu (0-2 à Angers), je ne pourrai pas oublier mes débuts. Le coach m’a fait confiance et ça lui a permis de juger mon potentiel.

Tu as découvert les matchs européens très vite après tes débuts. Font-ils progresser davantage ?  

À partir du moment où l’on est formé au Stade Rennais, on progresse beaucoup. On grandit dans l’un des meilleurs centres de formation d’Europe. C’est forcément formateur. J’ai eu la chance de jouer des matchs de haut niveau dont quelques-uns en coupe d’Europe. L’Europe c’est bien mais jouer au Stade Rennais est déjà une chance.

Tu fais preuve d’une étonnante sérénité. C’est une qualité naturelle chez toi ?
Je suis comme ça. Ce n’est pas un excès de confiance ou de la nonchalance, c’est mon jeu. Un défenseur doit montrer de l’assurance face à ses adversaires.
 

« Tout n’a pas été facile pendant mes années de formation »


Toujours la tête haute !
Il le faut dans ce monde, sur le terrain ou en dehors. Dans un sport collectif, on doit se motiver mutuellement et donner le plus possible. J’ai des petits frères et sœurs et je dois leur montrer qu’il faut savoir avancer dans la vie même quand ce n’est pas facile. Tout n’a pas été simple pendant mes années de formation. Il y a des années où la confiance n’était pas trop là. Mes coaches m’ont permis de rester serein. Ils s’engagent beaucoup avec nous. Ils nous inculquent les bonnes valeurs et le goût du travail qui nous servent plus tard, que l’on fasse une carrière dans le football ou pas.



Sur le plan physique, on te sent de plus en plus costaud dans les duels.
On travaille toutes les semaines avec le préparateur physique Thomas Choinard. Ce n’est pas bénéfique que pour le corps, mentalement aussi ça fait du bien de bosser en dehors du terrain. Je me sens plus fort dans les duels aériens notamment. Je suis plus percutant. C’est un axe de progression, je suis en plein dedans et ça avance bien.

Le fais-tu de bon cœur ?
Bien sûr ! Le travail mis en place est bien ficelé. Ce n’est jamais trop ou pas assez. On est bien encadré. On le fait avec plaisir.

Le poste d’axe droit, c’est celui où tu es le mieux ?
J’ai surtout joué à gauche lors de ma formation. Je trouve que c’est plus facile d’être à droite mais à l’Académie j’avais à cœur de travailler mon pied gauche. Je pourrai répondre présent quand on décidera de me décaler dans l’axe.
 

« Hamari et Nayef sont un peu des grands frères »


Évoluer entre Hamari Traoré et Nayef Aguerd, il y a pire…
C’est ceux qui m’ont aidé le plus dans mon début de saison. Ce sont un peu des grands frères. Ils me permettent, et à tous les jeunes, d’être serein et confiant par rapport à nos qualités. Ils m’aident beaucoup pour mon intégration et l’apprentissage du haut niveau.


Tu as trouvé le chemin des filets pour la première fois il y a un mois. Au bon endroit, au bon moment.
C’est un but un peu chanceux mais le coach adjoint me disait souvent que sur les deuxièmes ballons, j’avais des chances de tirer eu but. J’aurais pu le rater mais j’ai fait le bon contrôle. Ça m’a permis de pousser le ballon. Tant mieux pour moi et mes amis qui ont assisté à ce match.

Tu imaginais mener si tôt un clapping au pied de la tribune Mordelles ?
Ça créé un lien avec les supporters. Depuis que je suis au Stade, j’ai vu plein de clappings mais participer à cette tradition est une fierté. J’espère en faire d’autres. J’habite ici depuis mes dix ans. C’est dans cette ville et dans ce club que je suis devenu un homme. Je suis très fier d’évoluer ici.  



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« J’en ai trois. Le premier, c’est la « remontada » de Barcelone face au PSG (6-1) en 2017. Personne ne s’y attendait. C’est un match qui a marqué tous les esprits et toutes les générations. C’est pour moi l’un des plus grands matchs de ces dernières années. On n’assiste pas souvent à de tels retournements de situation. Ça a beaucoup servi, je pense, à d’autres clubs et d’autres joueurs par la suite. On n’y croyait pas, le lendemain non plus. C’est un match mythique.

Ensuite, lorsque j’étais à la formation, c’est la victoire contre Montpellier en U19 pour le titre de champion (victoire 4-0 à 10 vs 11). C’était la dernière année collective de la génération 2000-2001. C’était la fin d’une aventure où l’on était très soudé, la consécration de plusieurs années difficiles aussi où l’on n’avait pas gagné de trophée. C’était une délivrance et ça a permis l’éclosion de plusieurs joueurs. C’est un match qui restera dans les têtes de tous ceux qui l’ont joué. Ce match a été tremplin pour beaucoup.

Avec les professionnels, c’est le match de cette saison contre Lyon. On a joué un beau football. J’ai senti une équipe imbattable jusqu’à la dernière minute. Je sentais une force sur le terrain. Je sais qu’on n’est pas loin de ce niveau. On bosse pour ça. Je n’ai pas la sensation que l’on ne peut pas revenir à ce niveau de jeu. On est obligé, il faut le faire. »   


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