Pendant l’absence d’Hamari Traoré parti à la Coupe d’Afrique des Nations, Lorenz Assignon a fait bien plus qu’assurer l’intérim. Rencontre avec un jeune made in Académie bien dans sa tête et heureux de défendre les couleurs du Stade Rennais F.C.
Lorenz, Hamari devrait bientôt reprendre sa place. Pas trop déçu ?
Pas du tout. Je suis surtout très déçu pour lui qu’il ne soit pas allé au bout de cette compétition. Je suis très heureux de retrouver mon grand frère. Je suis personnellement très content qu’il soit revenu mais pas pour lui.
Tu l’as suppléé avec succès sur le couloir droit.
Le coach a eu besoin de moi et j’ai montré que je pouvais aussi être là. On ne sait pas de quoi est fait l’avenir. Il faut toujours se tenir prêt et continuer de travailler.
Ça fait quoi d’enchaîner les titularisations ?
J’ai pu aider mes coéquipiers. Ça me fait plaisir d’avoir apporté un peu plus ma pierre à l’édifice. Je ne me suis pas mis de pression. On est de toute façon constamment concentré sur ce que l’on a à faire et on ne s’occupe pas trop de l’adversaire. Peu importe le match, c’est toujours compliqué, on se doit toujours d’être performant. J’ai aussi pu jouer l’Europe avec des équipes au style différent. Cela permet d’engranger encore plus d’expérience.

C’est à côté d’un de tes amis que tu as joué de surcroît, Warmed Omari…
On est ensemble depuis le début. Quand un de nous, les jeunes, a la chance de jouer, ça devient un exemple. On se soutient tout le temps. Quand quelque chose ne va pas, on encourage. Quand on voit quelqu’un réussir, on veut faire pareil. On est plusieurs de la génération qui a gagné le championnat U19 il y a deux ans à avoir percé. Ça montre la qualité de la formation rennaise.
Tes prestations ont été remarquées pendant l’intérim. C’est valorisant…
J’essaie d’éviter les commentaires. Pour rester concentré, il ne faut pas trop les écouter. Je dis merci mais je me replonge tout de suite dans le travail.
« c’était pour revenir plein d’ambitions avec le Stade Rennais »
Tu es le bon exemple d’un prêt réussi, à Bastia la saison dernière.
Il faut savoir prendre son mal en patience et se montrer travailleur. La saison dernière, je n’ai pas pu jouer. Et bien ce n’est pas grave, il y a eu d’autres opportunités. Les prêts font avancer. Ça permet de progresser et de revenir dans son club avec de nouvelles armes. Je n’ai jamais craint d’être prêté car je savais ce que je voulais. Une fois sur place, c’est parfois dur de ne pas avoir sa famille ou ses amis. Ils sont loin et on ne peut pas rentrer quand on le souhaite mais une fois sur le terrain, on oublie tout. Je savais que ce que je faisais, c’était pour revenir plein d’ambitions avec le Stade Rennais.
Il va falloir se montrer patient désormais…
C’est le coach qui décide mais je vais continuer d’apprendre. Être sur le banc, ce n’est pas simplement attendre que le coach m’appelle pour entrer sur le terrain. Je regarde ce qu’Hamari fait de bien. Il faut aussi être impliqué dans la vie de groupe, toujours. Tout le monde l’est dans le vestiaire.

Bruno Genesio regrettait les louanges excessives à l’adresse du groupe pendant la période faste. Quel est ton sentiment ?
On fait un parcours en dents de scie. En début de saison, on a été pas mal jugé. Ensuite, plein de choses positives ont été dites. C’était peut-être un peu trop. J’ai du mal à trouver des explications à ces séries. Je sais juste que l’on doit toujours être concentré et donner le maximum. On ne peut pas jouer à 90%, on ne gagnera pas car c’est un championnat compliqué. On doit, quoiqu’il arrive, donner le meilleur de nous-mêmes. L’objectif reste toujours d’être européen la saison prochaine et de faire quelque chose de bien pour les supporters en Conference League. Pour ça, il nous faut les points nécessaires. On en parle entre nous, on se réunit et on évoque les choses qui ne vont pas, et on n’oublie pas le positif pour avancer.
Comment vois-tu ce derby contre Brest ?
On va pouvoir compter sur le retour des supporters. Ça va être un derby enflammé. Quand ils sont là, les supporters mettent une ambiance de fou au stade. C’est un réel plaisir de jouer à la maison. Et comme on dit, un derby ça ne se joue pas, ça se gagne. On va tout mettre en œuvre pour le remporter.
« des matchs "charbon" où il fallait aller au combat »
Te souviens-tu de confrontations avec le SB29 quand tu étais à la formation ?
C’étaient toujours des matchs compliqués mais avec des fins positives. Contre Brest, c’était accroché, des matchs « charbon » où il fallait aller au combat. Les derbys sont des matchs différents.
Il y encore plus jeune que toi dans le groupe pro. Quel est ton rôle auprès d’eux ?
J’essaie de les mettre le plus à l’aise possible pour qu’ils puissent s’exprimer totalement. Je connais bien les jeunes qui arrivent. Il y a certes des talents à l’Académie mais il faut les polir comme des diamants. Franchement, il y a du gros travail de fait. Il va y avoir des bons joueurs dans les générations qui arrivent, c’est cool ! Les gens qui travaillent à l’Académie mettent leur vie dans la formation. Ils sont tout le temps là pour nous. Ils nous accompagnent du début à la fin. Quand il faut faire des heures supplémentaires, ils n’hésitent pas. Ils sont à notre écoute. Il n’y a rien à dire, c’est pro.
Où as-tu joué avant d’arriver au Stade Rennais F.C. ?
J’ai commencé à Poitiers. À l’époque, c’était le Poitiers FC, maintenant c’est le Stade Poitevin FC. J’ai commencé à six ans en débutant, jusqu’en U15. Puis j’ai eu la chance de passer des tests au Stade Rennais F.C., vers 12 ans. On m’a exposé tout le parcours scolaire et footballistique. Avec mes parents, on a tout de suite accroché. Le projet était complet. En même temps que je rentrais au pôle espoir de Châteauroux, je signais mon contrat aspirant avec le Stade Rennais à l’âge de 14 ans.
Fils d’un papa footballeur ?
Oui. Je suis né à Grasse car mon père jouait à Cannes, à l’époque de Zinédine Zidane. Il a par la suite joué à Beauvais, Créteil et un peu au Koweit, à Al Jahra. Après la région parisienne, on s’est rapproché de la famille de ma mère, à Poitiers. Mon père a été international avec le Togo. Le football est héréditaire. Je ne me voyais pas faire autre chose que du football. Ma mère a fait du hand à haut niveau, j’étais dans un milieu de sportifs.
N'étaient-ils pas trop exigeants avec toi du fait de leur parcours ?
Non, au contraire. Ils ont fait des heures et des heures de route pour que je puisse faire des tests. Ils sont restés sous la pluie pour que je joue des tournois. Ils m’ont accompagné partout, où que j’aille, mais sans jamais me forcer. Ils ont toujours été là pour moi.

« Mon plus grand moment de foot, en tant que spectateur, c’est la deuxième étoile de l’Équipe de France. Voir tout un peuple derrière son équipe, c’est incroyable. J’avais tellement confiance en l’Équipe de France que j’étais sûr qu’elle allait gagner. On était à Vannes chez des amis, avec mon père et mon petit frère. On a regardé le match devant la télé et on est allé fêter ça au port de Vannes. C’était génial. Le football est une passion. Qu’on le joue ou qu’on le regarde, on vibre.
En tant que joueur, c’est l’aboutissement de notre saison U19 où nous avons gagné le championnat. Ça restera un moment incroyable. On a marché sur tout le monde cette saison-là. L’équipe était un rouleau compresseur. On a gagné 4-0 en finale en prenant un rouge à la 30e. Ce n’est pas tous les jours que ça se produit. Il y avait une grosse génération. On avait les mêmes rêves. »