Martin Terrier : « la régularité reste encore un axe de progression »

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Deuxième meilleur buteur du Stade Rennais F.C. cette saison (11), toutes compétitions confondues, derrière Gaëtan Laborde (13), Martin Terrier se montre prolifique sous les couleurs rennaises. À 24 ans, le discret Nordiste estime être arrivé à maturité et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.



Martin, la frustration du déplacement au Parc est-elle évacuée ?
Quand on va jouer au Parc, on n’est pas favori. Il y a des matchs qui apportent plus d’enseignements mais au vu de la physionomie c’est très frustrant de repartir sans point. On n’a pu voir cependant que l’on a été solidaire que ce soit défensivement ou offensivement. On a fait beaucoup d’efforts ensemble. On voit que le foot ne tient à rien, ce sont des détails. On se fait punir à la dernière minute, c’est rageant.

On peut néanmoins voir le verre à moitié plein après cette rencontre…
Oui, on peut être optimiste car ce n’est pas donné à toutes les équipes de pouvoir embêter Paris au Parc. Après avoir revu les images, on aurait peut-être pu mieux faire parfois, avec un peu plus d’ambition avec le ballon. Mais il est sûr que c’est quand même positif dans le contenu. C’est encourageant pour les matchs à venir.
 

« ce sera intense jusqu’à la fin »


Cette première partie de tableau est très resserrée. Observes-tu ce qui se passe ailleurs ?
On a vu les résultats du week-end et on voit que derrière ça revient. Personnellement je regarde quasiment tous les matchs, surtout ceux de nos concurrents. On voit que c’est très serré devant et derrière. Il faut assurer le maximum de points. Il faut regarder derrière aussi, c’est important. C’est une pression positive mais l’essentiel est de se concentrer sur nous-mêmes. Ça va être une belle fin de saison et ce sera intense jusqu’à la fin.

On pense beaucoup à ce statut d’européen quand on défend les couleurs du Stade Rennais F.C. ?
Clairement ! Quand je vois la qualité de l’effectif, c’est ce que l’on doit viser. Aujourd’hui, on est bien positionné mais il ne faut pas rester à l’arrêt. Ça va être très dur jusqu’à la fin de la saison. Ça va se jouer dans les derniers matchs. À Lyon, la pression médiatique était un peu plus grande mais à Rennes, qui est régulièrement européen, celle-ci est aussi de plus en plus grande. Ça veut dire que le club grandit et qu’il a de l’ambition.

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D’où l’importance du prochain match à domicile…
Sur le papier, on est plutôt favori. Que ce soit contre Troyes, Paris ou Marseille, c’est toujours compliqué. Tous les week-ends, il y a des résultats surprenants. Strasbourg en met 5 à domicile contre Bordeaux et ils perdent au match retour 4-3 alors que l’on dit que les Girondins sont au fond du trou. On ne peut pas prédire les résultats du week-end, il y a toujours des surprises. Ce qui est dur en Ligue 1, c’est d’avoir la continuité. C’est là que l’on se rend compte que réussir à réaliser la série qui a été celle de l’automne, c’est assez énorme (13 matchs sans défaite toutes compétitions confondues). Peu d’équipes peuvent le faire.

À ce stade de la saison, tu réalises la meilleure saison de ta carrière sur le plan comptable. Comment juges-tu tes performances ?
Je ne dirais pas que je confirme mon statut mais mon potentiel. C’est bien mais ça pourrait être encore mieux. Au niveau des statistiques, cela devient quand même sympathique même si ce n’est pas le plus important à mes yeux. Ça vient en tout cas récompenser le travail réalisé au quotidien. La régularité reste encore un axe de progression, pas forcément d’un match à l’autre mais pendant le match.

L’âge y est pour quelque chose ?
À bientôt 25 ans, j’ai un peu plus de maturité. Je me sens mieux. Quand on est jeune, les débuts ne sont pas faciles. J’ai un caractère plutôt discret on va dire qui n’est pas négatif non plus. Je pense qu’il faut de tout dans un vestiaire. J’ai trouvé cette maturité récemment et ça me fait du bien.
 

« j’ai plutôt tendance à garder les choses pour moi »


On te sent aussi un peu plus démonstratif parfois sur le terrain…
Ce n’est pas le fait d’être plus ou moins concerné mais avec l’âge on montre peut-être un peu plus ses émotions même si dans la vie de tous les jours j’ai plutôt tendance à garder les choses pour moi.

Tu nous gratifies souvent de jolis buts, dont la « spéciale Martin Terrier » !
C’est une qualité que j’ai depuis un moment. Et à force de travailler les gestes à l’entraînement, ça devient instinctif. Je suis plutôt adroit sur ce geste. Je pense que les gardiens commencent à m’attendre sur ce geste. Je travaille pour faire autrement. À l’entraînement, tu peux enchaîner cinq ou six buts sur un exercice mais c’est en match que l’on est jugé. C’est le jour J qui compte. Il faut savoir se mettre dans de bonnes conditions.

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Parmi ceux que tu as inscrit cette saison, quel est ton préféré ?
Celui que je mets à Saint-Étienne, ça me paraît naturel mais quand je le revois à froid, je me dis que pour la mettre pile dans la lucarne, c’est beau. Quand on voit à la télé, on a l’impression que c’est facile. On ne se rend pas compte de la difficulté une fois sur le terrain. De la même façon avec Lionel Messi et ses buts où il dribble cinq ou six joueurs, c’est fou. Tu as l’impression qu’il joue avec des petits.

As-tu changé quelque chose pour être plus efficace ?
Récemment j’ai commencé à faire de la cohérence cardiaque. C’est pour assimiler le rythme cardiaque avec le souffle. Ça permet de trouver une osmose. C’est quelque chose qui me fait du bien. Je travaille différentes choses. J’ai appris cette méthode avec un ostéopathe et des psychologues. J’essaie de travailler sur la respiration avant les matchs. C’est quelque chose qui me repose. Quand je sens que je suis sous pression et un peu nerveux, je fais ça et ça me calme.
 

« Il n’y a pas de challenge entre nous. »


Un défi s’est-il installé entre toi et Gaëtan Laborde ?
On en discute très rarement finalement. Il n’y a pas de challenge entre nous. On a envie de bien faire tous les deux. Parfois, en match, on est en bonne position pour marquer mais quand on voit le copain qui est mieux placé, on reste altruiste. On joue les uns pour les autres, avec Gaëtan comme pour les autres. Ça doit être rare au Stade Rennais d’avoir deux attaquants à onze buts dans la saison en championnat, c’est bien et on espère que ça va continuer jusqu’à la fin et que l’on pourra battre des records.

Les connexions sont faciles avec lui ?
Oui, il l’a fait avant avec Andy Delort. C’est un joueur inspirant, il embarque les autres avec lui. Quand je le vois presser, son attitude, ça me pousse à faire comme lui. Il tire les autres vers le haut. Techniquement, j’arrive à trouver du liant avec lui. C’est un championnat où un attaquant doit être complet partout. Le côté athlétique est très important. On le voit chaque week-end. Souvent, les joueurs qui arrivent de l’étranger le disent. Ils révèlent que c’est très physique.

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« Bordeaux / PSG en 2009, avec le fameux but de Yoann Gourcuff. Il reçoit le ballon, il fait un double contact pour se mettre face au jeu, il enchaîne sur un autre double contact et envoie un pointu à l’opposé. Quel But ! Je m’en souviens très bien. J’avais école le lendemain matin. Quand on est jeune, on ne se rend pas compte de la difficulté du geste mais quand on vit les choses plus tard sur le terrain, c’est incroyable techniquement ! Il est quand même dos au jeu au départ, la vitesse d’exécution est folle. C’est beau à voir. Mon père est comme moi, il n’est pas très expressif mais je me souviens que ça l’avait marqué. Il a fait "Wouaaahh !" ».