Quelle est l’importance du repos pendant la préparation ?

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Pour recharger ses batteries, votre téléphone a besoin de repos. Une affirmation tout à fait simpliste mais qu’il convient d’appliquer à un joueur de football professionnel. Le Docteur Rufin Boumpoutou, médecin des Rouge et Noir, nous explique l’importance du repos dans une semaine d’entraînement.

Rufin, comment gérez-vous les périodes de repos pendant la préparation ?

D’abord, le plus important est de faire un état clinique des joueurs au début de la préparation, de savoir dans quel état de forme ils sont après la trêve et s’ils ont bien réalisé leur programme de préparation. Après deux ou trois semaines sans activité, on peut perdre une bonne partie de son potentiel physiologique mais ça peut aussi revenir rapidement. Une fois le bilan des troupes fait, on sait que le retour à un niveau athlétique cohérent pour bien travailler pendant la préparation d’avant-saison passe par une charge d’entraînement qui va être à la limite ou un peu au-delà de ce que va supporter le joueur.

Pourquoi aller au-delà ? 

Le principe de l’entraînement est de provoquer une charge qui va, entre guillemets, traumatiser le système physiologique du joueur. C’est à dire que pendant la période de repos qui va suivre, l’organisme se met en action pour récupérer et réparer les dégâts causés par l’exercice. Par exemple, après une course à pied intense, il y a des fibres musculaires cassées, l’organisme va ensuite les reconstituer et en développer d’autres pour mieux répondre aux prochaines sollicitations. C’est ce que l’on appelle le phénomène de surcompensation. Cela ne peut se faire que pendant la période de repos.

Sur quoi vous basez-vous pour trouver l’équilibre ?

Avec les années de pratique, un entraîneur sait quelles sont les périodes nécessaires de repos après les charges d’entraînement. C’est également le cas de la majorité des staffs médicaux. Il y aussi des outils qui nous permettent d’évaluer le niveau de fatigue des joueurs. Les données objectives que nous récoltons tous les jours sont par exemple le suivie de l’évolution de la fréquence cardiaque à l’effort, au repos et en période de récupération. Lors des massages, les kinés détectent aussi les tensions musculaires. Nous effectuons également des tests salivaires pour dépister d’éventuels signes de fatigue ou de stress physiologique. Il y a aussi les données subjectives qui correspondent aux perceptions du joueur sur son état de forme ou de fatigue.

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Quel est le rôle de la sieste dans la vie d’un footballeur ? 

La récupération c’est d’abord une bonne alimentation, pour apporter protéines et glucides consommés lors de l’entrainement et une bonne hydratation pour éliminer les toxines et apporter assez de réserves d’eau nécessaires pour fonctionner normalement. Le repos, c’est la sieste ou l’inactivité pendant deux ou trois heures. La sieste permet de relâcher le système musculaire. Il est aussi intéressant de prendre du recul par rapport à l’activité et de s’aérer la tête après le stress physique et psychique imposé pendant l’entraînement. Pour la sieste, certains joueurs ont besoin de 45 minutes et d’autres d’1h30 pour se reposer. Ils doivent apprendre à se connaître.

Au-delà des protocoles, l’accompagnement est primordial…

On sait comment les joueurs fonctionnent, on leur apporte les conseils les plus efficients. Pour les nouveaux joueurs, ce n’est pas facile, on donne des conseils généraux et on les affine au fil du temps. On échange tous les jours avec les joueurs mais aussi au sein du staff car les joueurs communiquent différemment avec un entraîneur, un médecin ou un kiné. Mieux on connaît le tempérament du joueur, mieux les actions du staff seront pertinentes.

Le choix de la montagne et du grand air pour ce premier stage, c’est un plus pour les joueurs ?

Ce qui est intéressant, c’est de ne pas rester dans la routine. Il fait un peu plus frais qu’en Bretagne, c’est un peu plus agréable pour travailler. On peut enchaîner les séances sans se préoccuper de chaleurs trop fortes. Nous ne seront pas en haute montagne, il n’y aura donc pas les effets bénéfiques de l’altitude, et puis il faudrait y rester au moins deux ou trois semaines pour que cela soit bénéfique. Ce qui est important c’est surtout de pouvoir changer d’air et de travailler dans un environnement favorable à la formation d’une équipe.