Benoit, comment te sens-tu ?
Il n'y a jamais de bons moments pour se blesser, mais une fois qu'on l'a intégré, on bascule vers un nouveau challenge. Je relativise, je garde le sourire et j'essaye de prendre plaisir à me soigner avec les kinés et la cellule médicale. J'ai parfois l'impression que les gens sont plus désolés que moi !
Tu t'es blessé à l'entrainement sur une frappe de Martial. As-tu eu peur que les médecins te diagnostiquent une rupture des ligaments croisés ?
Je tiens d'abord à dire que j'ai stoppé le tir (rires) ! C'est la faute à pas de chance, je suis mal retombé. Ce n'était pas évitable. Pour les croisés, j'ai su expliquer précisément au doc de l'équipe de France ma douleur et comment cela s'était produit. Il m'a fait un test et m'a expliqué que ce n'était pas les ligaments croisés, mais qu'il y avait une laxité au niveau interne. J'ai compris qu'il fallait que je stoppe rapidement.
Tu as dû quitter l'équipe de France précipitamment. Tu es désormais le 1e supporter des Bleus...
Oui, j'ai passé six jours qui m'ont fait énormément de bien. J'ai pris beaucoup de plaisir et cela m'a donné une grande bouffée d'oxygène. C'est peut-être aussi pour cela que je suis frais mentalement. J'ai reçu beaucoup de soutien de mes coéquipiers. Steve Mandanda m'a encore envoyé un message hier. Maintenant, je suis derrière l'équipe de France et ce soir, je serai devant ma télé avec mon père. Il est venu pour m'aider dans ma logistique. Heureusement qu'il est là pour me permettre de ne pas faire trop d'efforts à mon domicile.
Tu n'auras pas à subir une opération. La rééducation sera donc plus rapide...
Avec le staff, on va tout faire pour revenir dans les plus brefs délais. Il est difficile de donner un retour précis. Cela peut être deux mois, dix semaines... nous verrons bien. Je suis confiant, mais on ne fera pas n'importe quoi. J'espère être de retour courant novembre au Roazhon Park ! j'ai déjà hâte d'y être !
Comment vont se dérouler les prochaines échéances ?
Les premières semaines de cicatrisation sont déterminantes. Il faut que je garde l'attelle et que je me repose un maximum. Il y aura des soins, des massages et de la cryothérapie.
Olivier Sorin ou Abdoulaye Diallo garderont la cage rennaise à Nantes. As-tu des conseils à leur délivrer ?
Je serai derrière le groupe des gardiens dans son ensemble. Ce n'est pas à moi de décider qui va jouer, je ne suis pas coach. Il faut savoir rester à sa place. Je ne serai dans les vestiaires qu'à la fin du match. Ils ont travaillé dur, dans l'ombre et c'est bien aussi qu'ils soient récompensés car ils le méritent tous.