Asamoah Gyan a finalement quitté le Stade Rennais F.C. pour Sunderland. Comment avez vous vécu ce transfert ?
On aurait préféré régler le transfert d'Asamoah quinze jours avant. Cela nous aurait permis d'anticiper davantage les choses. Le football est ainsi fait. Cette dernière offre de Sunderland n'était pas refusable ni pour le joueur, ni pour le club. Depuis la Coupe du monde, Gyan était revenu avec un état d'esprit différent. Son départ va nous permettre d'équilibrer nos comptes.
Gyan était l'une des " stars " de cette équipe. Vous ne pensez pas que le Stade Rennais s'est affaibli en perdant un de ses meilleurs joueurs ?
Il y a d'autres joueurs qui vont percer. Lorsque l'on perd son meilleur buteur, il est logique de le penser. Cela peut permettre aussi à Victor Montaño de jouer avant centre, à Jirès Kembo Ekoko ou à Ismaël Bangoura de prendre une autre valeur. On estime, à tort ou à raison, que ces joueurs sont prêts à prendre la place. Quand Mbia est parti, Yann Mvila a pris la place. Même chose avec Thomert et Sylvain Marveaux ou Bocanegra avec Samuel Souprayen ou Kevin Théophile Catherine. Idéalement, on souhaitait conserver Asamoah encore une année et vendre Ismaël Bangoura. Mais le marché ne l'a pas voulu. Ensuite il y a des offres que l'on ne peut refuser. Ce qui est important, c'est le processus de décision. Au Stade Rennais F.C., il y a un esprit " corporate " : l'actionnaire, le président, le manager et l'entraîneur ont la même vision des choses, ce qui est rare dans un club.
Quel bilan faîtes vous du mercato rennais ?
Nous avons été actif durant ce mercato. Nous avons vendu deux joueurs, Gyan et Briand et nous avons recruté Victor Montaño, conservé Sylvain Marveaux. Yacine Brahimi est revenu. Stéphane Dalmat a renforcé le milieu. En défense, Apam et Kana Biyck sont arrivés... l'effectif du Stade Rennais F.C. a été complètement refait. C'est un nouveau cycle qui démarre pour le club, il faudra laisser un certains temps à cette équipe pour qu'elle prenne corps. Mais elle montera en puissance.
Pour le moment, les résultats sont au rendez vous...
Il est encore trop tôt. Quatre matchs ce n'est pas grand-chose. Cette année, nous nous sommes rapidement renforcés ce qui a permis à l'entraîneur de travailler et d'avoir une équipe assez cohérente dès le début du championnat.
Sur quel axe avez vous basé ce recrutement ?
Nous avons d'abord essayé d'amener de la qualité athlétique et ensuite d'apporter un mental de " guerrier ". La saison dernière, sur certains matchs, c'est ce qui nous a manqués. Samedi dernier contre Arles-Avignon, dans un contexte difficile, nous avons vu une équipe pas forcément brillante dans le jeu mais qui s'est battue pour conserver son résultat de 1 à 0. C'est ce type de comportement qui nous fera progresser.
L'effectif s'est également réduit par rapport à la saison dernière. C'était l'un de vos objectifs ?
On a beaucoup de jeunes, il faut leur laisser la place. On verra si l'on doit rajouter un élément à l'avenir. Chaque joueur du groupe sera concerné. Si l'on veut conserver cet état d'esprit que j'évoquais précédemment, il est important que tout le groupe soit concerné.
Rod Fanni n'a pas quitté le club. C'est une bonne nouvelle pour le Stade Rennais F.C. ?
Nous avions donné un " bon de sortie " à Rod mais la porte ne s'est pas ouverte. C'est dommage pour le joueur et le club. Nous avions anticipé ce départ. Cela ne s'est pas fait pour des raisons que j'ai du mal à comprendre. Rod est un des meilleurs défenseurs de France, je pense qu'il paye la fin de saison du Stade Rennais et la sienne en particulier. Il paye cher car il aurait mérité d'animer ce mercato.
La concurrence en défense s'annonce rude...
La concurrence est là mais il faudra s'appuyer sur Rod pour obtenir les meilleurs résultats.
En L1, le mercato d'été fû t calme. Comment l'expliquez vous ?
Il y a une crise économique dans le football. Je pense que l'on est qu'au début. Les clubs vont devoir se serrer la ceinture. Cela commence par les transferts et cela va se poursuivre avec la masse salariale. Par le passé, on avait dépassé les limites, on revient actuellement sur terre. C'est assez brutal, il y a peu de personnes qui l'ont anticipé. De notre côté, on n'a jamais été dans cette folie, cela nous permet aujourd'hui d'avoir un équilibre financier.