Frédéric, à Bordeaux vous avez obtenu un nouveau match nul face à l'un des gros du championnat...
Face à Lille en début de saison, on méritait mieux. Contre Lyon, on n'a pas réussi à faire le break alors que l'on menait. A Paris, on a été solide tout en les inquiétant chez eux. A Marseille, on a réussi à produire du beau jeu. A Bordeaux on a aussi été solide mais on a commis quelques erreurs. On n'a pas battu ces équipes mais on n'a pas perdu non plus.
C'est un constat plutôt rassurant pour l'avenir...
On s'aperçoit que les favoris du début de saison sont là. Nous, on doit franchir un cap. On fait le choix d'intégrer des jeunes. Il faut donc de la patience. Des fois, je suis impatient comme tout le monde. On aimerait avoir tout, tout de suite mais un jeune, il lui faut 50 matchs derrière lui pour être performant.
Que pensez-vous du rendement de vos joueurs ?
Je pense que nous avons cinq joueurs qui peuvent jouer le très haut niveau. On en a quelques uns qui peuvent un jour jouer à ce niveau. Ce qui fait que nous ne sommes pas constants. On a des joueurs majeurs qui sont blessés dont Sylvain Marveaux qui nous amène cette touche de créativité que l'on a perdue. Nous sommes dans la difficulté au niveau de l'effectif.
Exigez-vous un nombre de points avant la trêve ?
Il faut d'abord mettre en valeur le match nul de Bordeaux. Si on n'a pas été bons dans l'animation offensive, on a été costaud. Nous travaillons sur le contenu mais c'est plus compliqué quand les organismes sont fatigués. L'hiver n'est jamais un bon moment pour mettre en place de nouvelles choses.
Vivement la trêve ?
Je ne sais pas si la trêve va régler les problèmes car nous avons des blessés de longues durées. Elle va nous permettre de souffler psychologiquement.
Valenciennes et Caen sont à votre portée. C'est l'occasion de faire le plein de points ?
C'est un raisonnement purement basique. Ce sont toujours les matchs les plus difficiles à jouer parce que nous n'avons pas le droit à l'erreur.
Que vous évoque les commentaires de la presse après la prestation à Bordeaux ?
ça ne fait jamais plaisir. On est capable de mieux faire. Nous allons prouver que ce n'était qu'un accident. On a bien pressé cette formation mais il est vrai que l'on n'a pas bien utilisé le ballon. On est un peu moins bien. Les critiques font parties du jeu. Le baromètre, c'est le Barça. Les gens voudraient le même spectacle le dimanche soir mais ce n'est pas possible. Prendre des points quand on est moins bien, c'est important.
On reproche le jeu trop rugueux et peu inspiré de votre équipe. Qu'en pensez-vous ?
On a montré plus d'une fois que l'on pouvait produire du beau jeu. Je préférerais que l'on mette en avant tous les jeunes que l'on a lancés. On met beaucoup de pression négative sur les jeunes. Souprayen n'a que quatre matchs derrière lui, Kana-Biyik n'en a que quinze. La même chose pour Kembo, Camara, Théophile-Catherine, Doumbia. M'Vila a toujours vingt ans. On ne tient pas compte des évènements. Notre grand mérite est d'avoir des jeunes, de les amener en haut et d'être toujours dans la course tout en leur faisant confiance. ça ne ressort pas assez mais ce n'est pas très grave. Avant un match, je pose la question : " Vous connaissez Doumbia et Souprayen ? " Personne ne les connaît. Beaucoup d'observateurs ne connaissent pas nos joueurs mais ils nous disent " Vous devez finir dans les quatre premiers. "
Heureusement la défense tient bon...
J'ai aussi du souci derrière. Rod Fanni est en stand-by. Apam et Théophile-Catherine sont blessés. Nous sommes bien fourni au milieu de terrain. Devant, on est sinistrés car on ne peut pas faire souffler les joueurs.
Les joueurs se lâchent-ils suffisamment ?
Bien jouer, c'est un résultat positif à la fin. Je le redis mais je n'ai pas digéré la saison dernière. L'équipe de l'année dernière était plus expérimenté mais a lâché les huit derniers matchs. Ce que je trouve regrettable. Cette saison, on est sur un nouveau cycle. Il faut être objectif. Nous sommes en train de construire.
Yacine Brahimi peut-il apporter une touche de fraîcheur ?
Il n'est pas à 100%. C'est un problème de confiance. Un jeune joueur à vocation offensive qui débute à des trous d'airs. C'est normal à cet âge. Il peut nous apporter beaucoup dans les vingt derniers mètres mais il doit progresser dans la préparation des actions.