Jérôme Leroy : « laisser mûrir ce groupe »

L'expérimenté milieu rennais réclame plus d'indulgence envers sa formation. Selon lui, cette saison est celle de l'apprentissage.

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Jérôme, les performances du SRFC sont-elles satisfaisantes ?
Sur le plan comptable, c'est très bien. On pourrait s'attendre à mieux. Avant la trêve, on va essayer de prendre six points pour rester dans le bon wagon.

Attention au match piège face à Valenciennes...
Ce sont les matchs les plus difficiles. Quand on est dans le haut de tableau et que l'on joue des équipes inférieures ou mal classées, on se doit de faire des résultats. Les grosses équipes gagnent ces matchs. On doit s'inspirer de Lyon et Marseille.

Il faudra pour cela être plus inspiré devant ?
Si on s'arrête sur le match de Bordeaux, ce n'est pas terrible. Mais l'adversaire ne nous a pas rendu la tâche facile. C'est aussi à nous de prendre des initiatives. On a souvent la possession de balle mais il faut trouver des solutions. On ne doit pas se soucier de l'adversaire.

Comment expliques-tu les problèmes offensifs ?
Ce qui est paradoxal, c'est que l'année dernière, on jouait très bien mais on ne marquait pas. Cette saison, on défend très bien et on marque sur le peu d'occasions que l'on a. On a des joueurs qui aiment le jeu à terre. Si on n'écarte pas les lignes, nos milieux, dont Stéphane Dalmat, ne peuvent pas percuter. A nous de les mettre dans un confort pour qu'ils puissent s'exprimer. Il faut plus de " don de soi ". Tout le monde veut voir le Stade Rennais de l'année dernière avec plus de résultats. Cette saison, on a voulu régler le problème défensif. C'est fait. On va essayer de se libérer.

N'est-ce pas frustrant pour toi, amateur de beau jeu ?
On ne va pas se plaindre. On est moins constant dans le jeu mais on fait des choses intéressantes. Les résultats sont là. On a de très bons joueurs mais pas de grands joueurs. On fait avec nos moyens et ce n'est pas facile.

Il va y avoir de l'attente sur ta prestation samedi prochain...
Je devrais débuter samedi prochain. Je vais essayer d'apporter de l'allant et de la disponibilité au porteur de ballon. Je suis comme un gamin de vingt ans qui débute et qui est là pour prouver.

Tu as un peu moins de temps de jeu que la saison passée. L'acceptes-tu bien ?
Je suis là pour encadrer et des fois, on a besoin de moi. J'ai eu la chance de marquer contre Brest. Je profite de certaines blessures pour jouer. J'ai fait onze matchs en tant que titulaire, c'est pas mal. Je dois être décisif en tant que titulaire ou remplaçant. Je veux saisir ma chance et ne pas passer au travers. Sinon, ça donnerait raison à l'entraîneur. Pour postuler à quelque chose, il faut être bon. C'est comme cela que l'on a des résultats. ça tire tout le monde vers le haut. On a un coach qui regarde la performance individuelle et collective. Ce qui est rare. Il donne la chance à tout le monde. Si vous êtes performant, il ne vous sortira pas de l'équipe.

L'équipe a-t-elle les moyens de durer ?
Pourquoi s'en contenter quand on a le même nombre de points que les favoris ? Tant qu'on y est, on essaye d'en profiter. Rennes ne fait pas vendre par rapport à Marseille ou Paris. On réclame plus de respect mais ça se gagne sur le terrain. A nous de le montrer sur le long terme. Lyon a mis du temps. Lille est aussi un bon exemple, ce club progresse d'année en année. Ils ne seront pas loin du titre.

Comment ont réagi les joueurs après le départ de Rod Fanni ?
On le pressentait depuis un moment. Le club l'a mis dans de bonnes dispositions pour qu'il reste concentré et compétitif. Il était programmé qu'il parte. ça fait partie des aléas. C'est une perte pour nous. Mais derrière, il y a la relève. Aux jeunes de confirmer tout le potentiel qu'on leur prête.

N'est-ce pas trop risqué de ne compter que sur des jeunes ?
J'ai déjà dis que cette saison serait de l'apprentissage et la prochaine, la confirmation. La chance que l'on a, c'est d'être dans le haut de tableau. Si les jeunes confirment plus vite que prévu, on peut faire une belle saison. Nous sommes dans un nouveau cycle. Il faut laisser mû rir ce groupe. On pourrait être 13e ou 14e. Psychologiquement pour des jeunes, c'est plus facile de commencer sa carrière en jouant le haut de tableau plutôt que le maintien. ça les mets vite dans le bain.