Kana-Biyik : « Je joue chaque match comme si c'était le dernier »

A 21 ans, « Kana » a la tête bien posée sur les épaules. Peu connu du grand public à son arrivée, le robuste et talentueux défenseur franco-camerounais épate son monde. Entretien.

Partager
18115.jpg

Jean-Armel, comment prépares-tu le déplacement à Lorient ?
C'est un derby. Pour moi, c'est un match équivalent à celui de la semaine dernière. On va se préparer de la même façon. Il y a une revanche à prendre par rapport à la saison dernière. Rennes n'avait pas fait un bon match.

Des appréhensions concernant le terrain synthétique ?
C'est plus compliqué mais cela reste un match de football. Pour ma part, je n'ai pas les mêmes appuis. S'il faut tacler, je taclerai. On s'est préparé sur cette surface cette semaine.

Serez-vous favoris ?
Dans notre tête, nous ne partons pas favoris. Nous sommes des " outsiders ". Tant que l'on sera dans cet état d'esprit, on pourra aller très loin.

Même après avoir été leaders ?
Nous ne sommes qu'au début du championnat. Il y a cinq grosses équipes dans ce championnat. Nous venons après.

Que dis-tu à ceux qui pensent que le jeu de Lorient est plus plaisant que celui de Rennes ?
On verra samedi sur le terrain si notre jeu est besogneux face au jeu extraordinaire et magnifique de Lorient. C'est un peu agaçant. Les gens nous sous-estiment. J'entends dire que nous sommes défensifs, que le Stade Rennais est une équipe de contres. Pas du tout. Ces gens là ne doivent pas voir les matchs de la même façon que nous les vivons.

Quel est le style du SRFC ?
Nous avons, certes, un gros bloc défensif. On a aussi de bons attaquants. Vous nous avez vu joué en contres ? Quand on a la balle, on fait tourner. L'équipe ne balance pas devant. On pose le jeu.

Le club dispose de défenseurs performants cette année. Comment gères-tu la concurrence ?
Je joue chaque match comme si c'était le dernier. C'est peut être ce qui fait que je suis libéré à chaque fois.

Devant quel type d'attaquant as-tu le plus de difficultés ?
Qu'ils soient rapides, vifs ou puissants, peu importe. Ce sont des hommes comme moi. Par contre, cette saison, c'est en Coupe de la Ligue face à Guingamp que j'ai eu le plus de difficultés. Mais si ça ne va pas, il y a Kader ou Rod pour rectifier le tir et vice-versa.

Qu'est-ce qui te différencie de Rod et Kader ?
Nous avons un peu les mêmes caractéristiques. Je prends moins de risque à la relance. On m'a toujours appris que la moindre erreur en Ligue 1 se payait cash. J'apprends car c'est la première année que j'enchaîne les matchs au plus haut niveau.

En arrivant à Rennes, tu avais souligné que la concentration était un de tes défauts...
J'essaie de progresser sur ce point. Auparavant, il m'arrivait de penser à ce que j'avais regarder à la télé la veille par exemple. (rires) Maintenant, je ne pense à rien d'autre que le match.

Aujourd'hui, c'était le retour de Fabien Lemoine à l'entraînement collectif. C'est une bonne nouvelle...
ça nous a fait plaisir de le revoir sur les terrains. Je ne pensais d'ailleurs pas que ça allait être aussi rapide. ça m'avait touché car je ne savais pas que l'on pouvait se blesser aussi gravement dans un match de football.

As-tu pris une décision quant à la sélection nationale avec laquelle tu veux jouer ? (ndlr : Jean-Armel a la double nationalité franco-camerounaise.)
Tant que je n'ai pas été convoqué avec l'une des deux sélections, je suis en réflexion. Je peux donner un indice. J'ai fait les démarches pour avoir un passeport camerounais. J'ai la double nationalité depuis hier (mercredi 24 novembre). ça ne veut pas dire que j'ai fait mon choix. J'ai toujours voulu jouer pour le Cameroun mais j'ai été fier de porter le maillot de l'équipe de France espoir.