Breel Embolo, des ambitions mondiales, entretien avec l'attaquant Rouge et Noir

Avant de rejoindre sa sélection, Breel Embolo s'est longuement épanché sur ses ambitions à l'occasion du Mondial en Amérique. Dans le groupe B, la Nati va successivement défier le Qatar, la Bosnie-Herzégovine et le Canada. Entretien avec l'attaquant avant l'entrée en lice des Helvètes.

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Stade Rennais F.C.
© Stade Rennais F.C.

Comment te sens-tu à quelques jours du premier match de Coupe du Monde ?
« On connaît notre groupe et on sait ce que ça représente. Cela fait dix ans que je suis en sélection et on a toujours fait de bonnes choses. Le premier match conditionne le reste du tournoi et définit l’état d’esprit. La direction que l’on prend à ce moment-là peut nous permettre d’alléger la pression ce dernier match de poule, qui peut être compliqué en cas de défaite. Il faudra le gagner le premier match contre le Qatar : c’est une très belle équipe de football qui s’est développée ces dernières années. Il faudra aussi s’acclimater au pays et à la chaleur. L’objectif sera de finir premier du groupe. »

C’est ta troisième participation en Coupe du monde, donc tu fais partie des joueurs expérimentés de la sélection. Est-ce que tu sens que ton rôle a changé ?
« Oui, c’est forcément différent. On change beaucoup en tant que groupe, et j’ai pris de l’expérience depuis la dernière Coupe du Monde. Avant, j’étais plus jeune, avec moins de responsabilités, mais j’ai aussi gagné en maturité. Aujourd’hui, j’essaie d’apporter de la positivité. On a un groupe fort, mais tout passe par le travail pour créer une bonne dynamique et obtenir des résultats. »

Sur le terrain, on a envie de tout donner pour représenter son pays et rendre fier son entourage.

Ressens-tu toujours la même pression qu’à ta première Coupe du Monde ?
« Oui, énormément. Il y a toujours cette pression. L’hymne, le stress, toute la médiatisation autour de la Coupe du monde… Mais une fois sur le terrain, on a envie de tout donner pour représenter son pays et rendre fier son entourage. »

Quand tu es arrivé, en mars 2015, il y avait déjà Granit Xhaka. Comment t’a-t-il accueilli ?
« J’ai eu la chance de connaître beaucoup de joueurs en arrivant, car on jouait presque tous à Bâle. Granit, on me parlait de lui comme d’un super bon mec, et j’ai eu la chance de grandir avec lui. On est presque voisins, c’est une fierté pour nos familles de se retrouver en sélection. On passe aussi du temps ensemble en dehors, notamment l’été avec nos familles. Ça a facilité mon intégration, il m’a aidé à trouver ma place. »

Il se dit que l’objectif sera de faire le meilleur parcours de l’histoire de la Suisse (quarts de finale en 1934, 1938 et 1954) ?
« Oui, c’est l’objectif. C’est peut-être plus simple lorsqu’on joue contre des grandes nations et qu’on ne craint pas de perdre un statut. Mais c’est aussi l’ambition et l’objectif de tout le groupe. C’est un groupe un peu expérimenté dans les grands tournois. »

Ton dernier match en Coupe du monde était en 2022 contre le Portugal (revers 6-1). Quel souvenir en gardes-tu ?
« C’était un match difficile. Ils étaient meilleurs dans tous les aspects, même si le score est sévère. On a voulu jouer jusqu’à la dernière minute, mais ça nous a coûté des buts. C’est frustrant, mais c’est aussi une expérience. Contrairement à ce qu'on peut connaître en championnat, on n’a pas de deuxième chance. En Coupe du Monde, on essaie de profiter au maximum, car la prochaine occasion peut être dans quatre ou huit ans. »

En Suisse, on parle beaucoup de la génération Xhaka. Quel est le plus grand atout de cette génération ?
« C’est l’expérience au plus haut niveau, notamment en Ligue des champions et dans les grands clubs. Ça fait dix, douze ans que ce noyau est là, sans grands changements. On a une vraie continuité. Certains joueurs comme Zakaria ou Akanji sont là depuis plus de dix ans, et d’autres sont arrivés entre-temps. Ça crée un mélange intéressant entre une génération installée depuis longtemps et une nouvelle qui arrive. On est encore là aujourd’hui, et on est encore une équipe jeune, avec beaucoup d’espoir. »

Ce sont des équipes d’un niveau assez proche du nôtre, avec des individualités de classe mondiale.

Parle-nous un peu de l’équipe suisse. Qu’est-ce qui a changé dans le jeu depuis quatre ans ? Est-ce qu’il y a un jeune talent qu’on ne connaît pas encore et qui pourrait apparaître lors de la Coupe du monde ?
« Ce qui a beaucoup changé en sélection, c’est l’exigence. Ce qui m’a choqué, c’est le niveau lors des tirages au sort. On s’est rendu compte que ce seraient des matchs difficiles, avec des groupes pièges. Ce sont des équipes d’un niveau assez proche du nôtre, avec des individualités de classe mondiale. Malgré ça, on a réussi à se qualifier avec une certaine sérénité, ce qui montre la force du groupe.

Ce qui m’a marqué, c’est qu’on s’est qualifié face au Kosovo sans vraiment célébrer. Cela montre bien le niveau d’exigence qu’on s’impose et les ambitions qu’on a, aussi bien collectivement qu’individuellement.

Concernant un jeune joueur à fort potentiel, je peux citer Johan Manzambi (SC Fribourg), que tout le monde connaît déjà bien. »

   

Peux-tu nous parler de l'état d'esprit du groupe ?
« On joue avant tout pour nos propres exigences. On veut montrer que la Suisse sait jouer au football et peut déranger de grandes équipes. On cherche constamment à s’améliorer et à atteindre des objectifs élevés. On a essayé d’installer une barre très haute. Le but est de transmettre cette exigence aux plus jeunes, pour qu’ils aient la même envie et la même ambition. L’idée, c’est qu’un jour, ils puissent aller gagner un trophée, avec ou sans nous. »