Dudu Cearense : « jamais une partie de plaisir de jouer un club grec »

Rennais lors de la saison 2004-2005, l’international brésilien a eu la chance de parcourir le monde tout au long de sa carrière, du Japon à la Russie, en passant par la Grèce. Cette dernière destination citée via deux expériences différentes avec l’OFI Crète et l’Olympiakos, deux clubs au programme des Rouge et Noir en Europa League cette saison. Interview. 

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© Stade Rennais F.C. / Ouest Médias

Dudu, le football grec, tu le connais bien.
Le football grec, c’est incroyable, parce que les gens, les supporters, ils sont fous de foot. Maillot sur le dos, ils ont une fierté débordante. Ça a été très excitant d’évoluer là-bas. Dans les stades, dans les rues, ça parle de football tout le temps, partout, avec cœur et passion. Et le football grec est très fort. L’Olympiakos, c’est pour moi le meilleur club du pays. OFI Crète est aussi une bonne équipe, un club un peu plus du milieu de tableau, mais il bénéficie aussi d’un grand soutien, une raison de s’en méfier d’autant plus. 

Peut-on comparer les atmosphères des stades grecques à celles du Brésil ?
Oui, bien sûr, tout y ressemble : la passion, la pression, l’ambiance dans les stades et dans les rues. Même le climat, il ne fait jamais très froid, ça ressemble au Brésil sur ces points. Et quand on parle de football là-bas, tout le monde adore les joueurs brésiliens. J’ai été vraiment heureux de jouer pour ces deux clubs, autant qu’à Rennes (sourire).

« En Ligue 1, il y a plus de rythme et d’intensité »

Comment qualifierais-tu le style de jeu grec ? 
De très bons joueurs passent souvent par la Grèce. Les duels étaient rudes, mais je dirais que c’était encore plus dur en France. Je m’en étais rendu compte avec l’Olympiakos quand on avait joué Saint-Étienne. Globalement, en Ligue 1, il y a plus de rythme et d’intensité. L’Olympiakos est le genre d’équipe qui a de la maturité, grâce à son expérience européenne, ça joue plus posément, avec plus de sérénité. 

L’Olympiakos est-il le meilleur passage de ta carrière ? 
J’adore ce club et j’en garde d’excellents souvenirs. Pas seulement sur le plan personnel, mais aussi pour ma famille, pour mes amis, pour tout ce que j’y ai appris. J’y ai mené une vie formidable. Et puis, j’ai aussi appris le grec, donc je me sens très à l’aise dans ce pays. J’y ai également réalisé mes meilleures performances.
 

© Stade Rennais F.C. / Ouest Médias


OFI Crète est un club plus méconnu, que peux-tu nous en dire ? 
OFI Crète est un peu le prolongement de l’Olympiakos, en termes de fierté, passion et caractère. Leur stade est plus petit mais l’ambiance y est très intense. Quand je suis arrivé en milieu de saison, le club luttait pour la relégation et nous avons fini sixième du classement, pas loin de l’Europe. Pour résumer, jouer un club grec en coupe d’Europe n’est jamais une partie de plaisir, ça peut même être très difficile. 

« Ce n’était jamais très agréable de venir route de Lorient »

Le Stade Rennais F.C. jouera ces deux rencontres au Roazhon Park, c’est un point important selon toi ? 
Ça peut être un gros avantage. Rennes a toujours été fort à domicile. Ça va sûrement être un super match. Je me souviens de mon époque rennaise, ce n’était jamais très agréable de venir route de Lorient. Le Stade Rennais ne cesse de grandir et de structurer, et va vouloir certainement afficher ses ambitions sur ce match. OFI Crète viendra avec l’intention de gâcher la fête, cela promet une grande rencontre.

Que retiens-tu de ta période en Rouge et Noir ? Tu étais alors âgé de 21 ans.
En effet, j’étais jeune à l’époque. Je suis très reconnaissant, parce que j’ai quitté le Japon pour aller à Rennes, alors entraîné par László Bölöni et son adjoint Joaquim Rolão Preto. Ils m’ont vraiment beaucoup appris sur la façon de jouer en Europe, avoir plus de maîtrise technique et acquérir une mentalité de joueur professionnel. Le football français est très exigeant.

« Le SRFC aurait pu rivaliser avec une sélection nationale »

Tu as côtoyé une grande génération de joueurs au SRFC ! Alexander Frei, John Utaka, Yoann Gourcuff, Toifilou Maoulida, Kim Källström, Jacques Faty…
On avait une super équipe, composée de beaucoup de jeunes. Je trouve qu’avec notre effectif de l’époque, avec quelques années de plus, le SRFC aurait pu rivaliser avec une sélection nationale, tant il y avait de la qualité. Je n’oublie pas Adaílton qui m’a beaucoup aidé dans mon intégration, parce que je ne parlais pas Français. 

« Le Stade Rennais est un de ces clubs où l’on apprend plus vite qu’ailleurs. »

Un mot sur Raphinha ?! Avant d’éclore avec le Sporting et le Stade Rennais F.C., les suiveurs brésiliens avaient-ils parié sur une telle carrière à l’époque ? 
Au Brésil, on considère que le Stade Rennais est une très belle opportunité, une expérience formidable pour les jeunes joueurs, pour s’initier au football européen, pour gagner du temps de jeu, pour comprendre la mentalité, l’écoute des consignes tactiques. À Rennes, Raphinha est allé chercher de l’expérience dans un championnat relevé. Si vous prenez la liste des joueurs formés ou passés par Rennes, elle est impressionnante. Le Stade Rennais est un de ces clubs où l’on apprend plus vite qu’ailleurs. 
 

© Stade Rennais F.C. / Ouest Médias


Dans quoi t’es-tu reconverti ? 
Je suis conseiller financier, j’ai un bureau au Brésil. Je travaille avec des conseillers financiers, des clients dont des footballeurs. Je recherche des opportunités commerciales, pas seulement au Brésil, mais aussi à l’étranger. Il arrive parfois que des amis ou des agents souhaitent mon aide pour faire venir des joueurs du Brésil en Europe, mais mon activité principale reste celle de conseiller financier.

Ton riche parcours de footballeur t’a donc nourri pour la suite…
Bien sûr, les voyages, les rencontres, c’est le côté merveilleux du football. C’est un parcours que je mets à profit aujourd’hui.

Pour finir, tu as aussi la chance d’évoluer en sélection nationale avec des joueurs de légende comme Júlio Baptista, Ronaldinho, Gilberto Silva, Marcelo, Kaká, Roberto Carlos… Quel sentiment demeure ? 
J'ai pris ma retraite il y a environ sept ans. Quand je repense à ma carrière de footballeur, je me dis : « J’étais un vrai joueur en fait ! » (rires). Parce que j'ai évolué avec les meilleurs joueurs du monde. Ce n'est pas de la nostalgie mais de la fierté. 

J2 d'UEFA Europa League
Stade Rennais F.C. / OFI Crète
Jeudi 15 octobre 2026 – 21h00
Roazhon Park
Match diffusé sur Canal+ Foot