Des sourires, des écharpes, et des drapeaux virevoltants. Encore quelques minutes avant l’arrivée du bus rennais, mais elles sont déjà en place. Françoise, Éliane, Corinne… Ce samedi 28 février, vingt-deux abonnées de longue date ont été conviées à vivre un avant-match au plus près des Rouge et Noir, à l’occasion de la rencontre face à Toulouse et de la fête des grands-mères, célébrée le lendemain. « Ça me fait très plaisir d’être ici, témoigne Annick. Nous sommes rentrés plus tôt de vacances, à 1h du matin cette nuit, pour que je puisse participer à l’événement. C’était inimaginable pour mes petits-enfants que je loupe ce moment inédit ». Pour la première fois, en effet, les habituels « escort kids » vont laisser leur place à nos grands-mères pour entrer sur le terrain avec les joueurs.
Mais avant cela, Franck Haise fait son arrivée dans les coursives du Roazhon Park, suivi par l’ensemble de son effectif. Armées de leur téléphone et de leur enthousiasme, les vingt-deux invitées donnent de la voix, à l’affût de la moindre main tendue pour saluer les joueurs rennais, visiblement amusés de leur présence. Ce premier moment de partage ne laisse pas indifférentes ces supportrices, dont la passion pour le SRFC remonte, pour certaines, à plus de cinquante ans : « Je suis fan du Stade Rennais depuis que je suis arrivée dans la ville en 1968, j’avais 15 ans. J’ai eu la chance d’assister à la finale de Coupe de France en 1971. C’est mon père qui m’a transmis cette passion. Être là aujourd’hui, c’est une super aventure », raconte Odile.
Après un passage en bord de terrain, au cœur de l’échauffement, nos grands-mères se dirigent vers le couloir des vestiaires, acclamées comme des stars par les supporters présents en tribune. Le coup d’envoi approche, les joueurs s’apprêtent à entrer sur la pelouse. Dans un moment habituellement empreint de tension, ce samedi, les mamies décident de détendre l’atmosphère, ne cessant d’interpeller les vingt-deux acteurs. « C’est la première fois que je parle autant avant d’entrer sur le terrain, s’en amusera Lilian Brassier après le match, en zone mixte. Elles étaient vraiment bavardes ! »
Puis vient le moment tant attendu. Fin des plaisanteries… Ou presque. Certaines s’autorisent à échanger encore quelques mots avec leur binôme du jour. Sous les projecteurs, tous les regards du Roazhon Park braqués sur elles, nos grands-mères rayonnent. « Un moment mémorable » — dixit Colette — pour chacune d’entre elles. « On ne voulait pas que ça s’arrête ! » regrette Marie-Madeleine qui aura vécu pleinement cet événement. Émue, elle finira par conclure : « À 75 ans, après 25 ans en tant qu’abonnée, il fallait que je vive ça ».